Rédaction

Monsieur le directeur

Je me permets de vous contacter suite à la réunion avec le personnel, pendant laquelle vous avez évoqué la possibilité d’ouvrir la boutique un jour chômé. Si la majorité des employés est consciente des impératifs économiques d’une telle décision, elle reste néanmoins sceptique quant aux répercussions sur leur rythme de vie. Mes collègues m’ont ainsi désigné comme représentant pour exprimer leurs inquiétudes légitimes. 

1- Je tenais tout d’abord à rappeler que la majorité de nos salariés ont des familles et que l’équilibre familial est une composante importante de la société française. Ne pas travailler le même jour que les enfants permet à de nombreux parents de passer du temps de qualité avec leurs progénitures.  Dans notre société aujourd’hui, beaucoup de personnes sont en garde partagée. Guillaume par exemple reçoit ses enfants un week-end sur deux. Travailler ce jour-là, perturberait son droit de visite et constituerait un coût supplémentaire pour faire garder ses enfants qui n’ont que 4 et 7 ans.

2- Je tenais à rajouter que, outre l’aspect familial, la santé mentale est essentielle du bien être au travail. Comment voulez-vous que les vendeurs reçoivent bien les clients si les conditions psychologiques ne sont pas favorables? 

En effet, la dernière fois, Sylvie était à bout de nerfs car elle a enchaîné les jours de travail sans repos, suite à l’absence de Guillaume. Cela a fini par exploser en présence des clients. Je ne doute pas que vous ne souhaitiez pas que cela se reproduise.

3- Enfin, en ce qui concerne la productivité, nous sommes tous d’avis que le rythme de travail intensif dans une boutique aussi visité que la vôtre, nécessite une coupure afin de se reposer et d’accomplir ses tâches dans les meilleures conditions notamment l’accueil du public.

Rappelez-vous, les dernières fêtes de fin d’année, quand tout le monde était sous pression et submergé de travail. Vous avez certes proposé des primes à ceux qui souhaitaient travailler, cependant, vous n’êtes pas sans avoir constaté le nombre d’arrêts maladies qui ont fait suite à cette semaine intensive.  Cela a donc eu l’effet inverse, un manque de productivité de notre équipe.

Pour conclure, je ne doute pas que l’intérêt économique doit prendre compte des nécessités familiales, financières et psychologiques de chacun.

Nous sommes ouverts à la discussion  et nous vous prions, Monsieur, d’accepter nos salutations distinguées.

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